
Jeudi 14 mai 2026
On saute dans un Uber à 5h du mat direction Charles de Gaulle. On baigne dans l’univers des vampires Ness et moi depuis tellement d’années, qu’un pèlerinage en Transylvanie s’imposait. 3h de vol plus tard et nous voici arrivés à Bucarest. Enfin à l’aéroport de Bucarest, parce que de la capitale nous ne verrons rien du tout. On récupère une voiture de location, et direction le nord et les Carpates.
Premier arrêt au monastère de Snagov, sur une petite île au nord de Bucarest. C’est ici qu’est censé être enterré Vlad Țepeș, l’Empaleur, devenu Dracula par la légende. Bon, je dis “censé”, parce qu’il y a bien une tombe, mais la plupart des sources concluent par “on ne sait pas qui est là”. On aperçoit cette fameuse tombe de l’entrée de l’église, mais il faut payer en cash pour aller plus loin, et on n’a pas de cash. Tanpis, on repart.


On quitte ensuite la route principale pour dévier vers les montagnes, et là c’est un autre monde qui s’offre à nous au fur et à mesure que le mur enneigé des Carpates au loin se rapproche : chiens errants en meute, troupeaux de vaches un peu partout, plus de charrettes que de voitures sur la route, et un mélange improbable de styles architecturaux dans cette région très rurale. Après deux heures de route, nous arrivons au château de Peles et la ville hors du temps qui l’entoure. Construit au XIXe siècle, rien ne semble avoir bougé. On a même eu la visite d’un petit renard.






Il nous faut encore 2h de route à travers les montagnes pour rejoindre Brașov, capitale régionale au cœur des Carpates. L’arrivée dans la ville n’envoie pas du rêve : l’impression de quitter le calme des montagnes pour entrer dans une ville soviétique avec de vieux bâtiments, immeubles tous identiques alignés le long des routes. Mais l’arrivée au centre-ville historique change la donne et nous offre un cœur historique très mignon, idéal pour un resto bien mérité.
Vendredi 15 mai 2026
La matinée est dédiée à faire quelques emplettes dans Brașov en profitant d’une monnaie locale très faible par rapport à l’euro, quand mon téléphone, puis un peu plus tard celui de Ness se met soudainement à vibrer puis sonner malgré leur mode silencieux. C’est d’ailleurs le cas de toutes les personnes autour de nous. On reçoit une “alerte extrême”, genre comme dans le cas d’un attentat, pour nous prévenir de la présence d’un ours dans la rue juste à côté. Visiblement ça a l’air courant ici, puisque tout le monde semble s’en foutre. Évidemment on fait l’inverse de ce que l’on dit et on essaye de s’y rendre, mais on ne le voit pas. Dommage !



On prend ensuite la route pour monter à la citadelle de Rasnov, place forte qui protège le sud de Brașov. On est impressionnés par la qualité d’entretien et de rénovation que l’on voit ici pour les monuments historiques. De là-haut, la vue sur les montagnes enneigées des Carpates est incroyable.






Le temps de déjeuner puis nous arrivons à Bran et son château connu comme étant le château de Dracula : Vlad Țepeș y aurait, dit-on, séjourné. Encore une fois on est bien plus dans la légende que dans la réalité, Vlad n’étant sûrement jamais venu ici. Mais on s’en fout, nous on aime la légende, et ce château, sur son pic rocheux donne une impression incroyable. Ce château protégeait une des rares routes qui traversaient les Carpates pour rejoindre le sud au nord de la Roumanie (qui ont bien souvent appartenu à des pays différents), mais au XXe siècle il a complètement été réaménagé pour en faire un château “cosy”. Et on avoue que l’on aurait bien posé nos bagages ici… enfin avant de visiter le musée de la torture et de voir qu’ici aussi on était très imaginatif.











Un restau pas franchement incroyable mais avec une vue sur le château pour finir la soirée et souhaiter un bon anniversaire à Ness.
Samedi 16 mai 2026
Aujourd’hui, on roule ! (c’est le concept du Road Trip non ?). Objectif de la matinée, rejoindre Sighișoara, ville médiévale au cœur de la Transylvanie, lieu de naissance de Vlad. Bon encore une fois, c’est plus la légende que la réalité, mais… :-). Sur le chemin on s’arrête visiter quelques villages qui datent de l’occupation saxonne au Moyen Âge.
La forteresse de Rupea qui domine la ville du même nom, en offrant une vue incroyablement dégagée sur les plaines de Transylvanie jusqu’aux Carpates, l’église fortifiée de Viscri, leurs musées et expositions, toujours restaurés dans un état incroyable de quoi nous rendre jaloux. Pour ce qui est de Saschiz, on l’aperçoit au loin mais on décide d’accélérer vers Sighișoara : il fait faim !






Il règne ici un petit air estival dans cette ville touristique. Des rues étroites, des maisons de toutes les époques et de toutes les couleurs, une citadelle, et en haut (ça grimpe), forcément, la maison où Vlad serait né. (on a dit, on y croit !). On passe l’après-midi à s’y promener, puis de nouveau on reprend la route.








Direction Hunedoara, deux heures de route plein ouest le long des Carpates. On tombe sur un petit hôtel improbable, une vieille bâtisse (impossible de dire l’âge) dans laquelle des meubles d’un peu toutes les époques sont disposés partout sans aucune logique. On est accueillis par un homme âgé qui nous donne une clef sans nous demander rien de plus, même pas notre nom, puis on dîne dans une salle étrange. Nos hôtes nous font l’impression d’être une famille de goules qui gardent un vampire dans un cercueil quelque part. À côté de nous, un groupe âgé semble fêter un anniversaire ou quelque chose comme ça. Quand on se couche, on se demande bien ce qui va nous arriver pendant la nuit…
Dimanche 17 mai 2026
Bon dommage on n’a pas été transformés en vampires. Par contre on a eu les supporteurs du club de foot local qui ont décidé de faire un feu d’artifice et de chanter sous nos fenêtres. Un autre type de folklore !
Ce matin on visite le château de Hunedoara, le château Corvin, du nom du roi de Hongrie qui l’a fait bâtir il y a plusieurs siècles. Vlad y aurait séjourné, raconte-t-on. (Encore une fois sûrement non, mais bon on se laisse tenter). Mais surtout, il a servi de décor au tournage du dernier Nosferatu de Robert Eggers, et ça on en est sûr !
Le temps radieux du début du voyage nous a quittés, il fait gris, et la pluie ruisselle le long des immenses toits du château. Mais le château est vide, et nous sommes les seuls visiteurs à l’intérieur de ses immenses salles (bon ok il est 9h du mat !). On aurait bien posé nos bagages ici aussi, malheureusement il est temps de rentrer.







Il nous faut encore deux heures de route pour rejoindre Cluj-Napoca au nord de la Roumanie. Plus proche de l’Ukraine que de Bucarest, c’est un peu la capitale de la Transylvanie. On rend ici la voiture, on prend un premier vol pour Zurich puis un second pour Paris et nous voici rentrés, bien épuisés de ce voyage aux confins de l’Europe.