
Lundi 10 août 2026
Arrivés à Oslo la veille vers minuit, on a juste eu le temps de récupérer les bagages, sauter dans la navette et filer à l’hôtel pour une dernière nuit avec un vrai matelas. Au matin, retour à l’aéroport pour récupérer notre compagne de route : une petite Yaris hybride toute neuve, avec plein de boutons et de trucs qui font bip partout. Bon, tant que ça roule…
Cap vers le sud-ouest et le Telemark. On passe à travers Oslo (en vrai, surtout en dessous : tout se traverse en souterrain, sans feu ni problème de circulation, un vrai plaisir). En chemin, on s’arrête visiter deux églises en bois debout, Heddal et Eidsborg, avant d’aller planter la tente à Rjukan.
La large voie rapide se transforme progressivement en route de campagne, puis en petite route sinueuse. Les rivières deviennent des torrents, puis de grands lacs qui réfléchissent la lumière du soleil sur les sommets qui apparaissent aux alentours, tandis que les immeubles de la périphérie d’Oslo laissent place à de petites maisons en bois aux toits en herbe. Il n’y a vraiment pas grand monde et il fait un petit 15 °C. Ça y est, on y est :-)



Mardi 11 août 2026
Lorsque l’on ouvre la tente ce matin, on aperçoit la silhouette du Gaustatoppen, le point culminant du Telemark avec ses 1 883 mètres. C’est justement l’objectif de la journée. La voiture garée sur un petit parking (hors de prix, comme tout en Norvège), les chaussures de rando aux pieds, et surtout le combo Gore-Tex et bonnet. Avec le vent, les pierriers pas évidents et les “chemins de randonnée norvégiens”, il faut un peu moins de 3 h pour arriver au refuge du sommet.
On découvre alors, avec cette vue à 360°, tout le Telemark autour de nous : le parc naturel à l’ouest avec ses montagnes et ses vallées désertes, ainsi que les petites stations de ski plus bas à l’est. La redescente est plus facile.
On reprend ensuite la route vers le nord. On quitte petit à petit les vallées habitées du Telemark pour atteindre le haut plateau du Hardangervidda. Les maisons disparaissent progressivement, la forêt se transforme en toundra, et on commence à ne plus croiser grand monde. On décide de monter le camp derrière quelques arbres. Ce soir, on sort bonnet, doudoune et Gore-Tex.





Mercredi 12 août 2026
Cette nuit, la température a atteint les 0 °C et je dois l’avouer : j’ai eu froid et j’ai fini la nuit sur l’incroyable siège chauffant de notre petite Yaris. J’ai été un peu trop optimiste sur le duvet. Ou alors je vieillis. Ou les deux. Bref, ça pique.
Aujourd’hui, on parcourt le désertique haut plateau du Hardangervidda sur la seule route qui le traverse. Au loin, les glaciers, majestueux, se dessinent à travers les nuages gris. Il n’y a plus d’arbres, et c’est un paysage arctique, monotone et fascinant qui se déroule sous nos yeux. On fait de nombreux arrêts : ici pour faire une photo, là juste pour regarder, ou encore dans un improbable hôtel à la Shining pour prendre un café. Le temps couvert, menaçant et bruineux crée une atmosphère hors du temps.
La route redescend ensuite, la toundra laisse de nouveau la place aux arbres et bientôt on arrive au bord du Hardangerfjord, dont on suit la rive pendant près de deux heures. La route, étroite, serpente le long du fjord, entrecoupée de nombreux tunnels. Le ciel chargé donne une vraie impression de fin du monde. On prend un ferry pour traverser le fjord et, petit à petit, les habitations réapparaissent : on est arrivés aux portes de Bergen, la deuxième ville de Norvège, et on monte le camp dans un camping pour deux jours.







Jeudi 13 août 2026
Aujourd’hui, la voiture reste au camping, on prend la navette pour Bergen pour une journée citadine. Le temps est à la pluie; forcément, c’est Bergen. Il pleut tout le temps à Bergen. On en profite pour faire quelques musées autour des quais, le folkemuseum du vieux Bergen (les Norvégiens sont fans des écomusées de maisons anciennes en plein air) et, surtout, se faire un resto pour changer de nos sandwichs du midi et pâtes du soir.





Vendredi 14 août 2026
Longue journée de route en direction du nord. On quitte rapidement la banlieue de Bergen pour prendre de la hauteur, en laissant derrière nous les étapes touristiques de Voss et de Flåm pour rejoindre Aurland. C’est là qu’on abandonne la E16 pour s’engager sur une étroite route de montagne, en espérant ne pas croiser un camping-car avant le col, mille mètres plus haut. En quelques lacets, on bascule des rives boisées du fjord à un plateau minéral désertique, avec une vue spectaculaire en contrebas.
L’idée de planter la tente là-haut nous traverse l’esprit, mais le vent souffle fort et la nuit s’annonce glaciale. Comme il est encore tôt, on préfère continuer. Après un détour par l’église en bois debout de Borgund (la plus belle !), puis une traversée du Sognefjord en ferry, on se met en quête d’un spot pour la nuit. Mais entre le relief escarpé et les maisons le long de la route, on ne trouve aucun endroit. On finit par se rabattre sur le charmant village de Solvorn, où l’on déniche un petit camping chez un producteur de jus de pomme. Emplacement parfait, face au fjord et à ses maisons colorées. On choisit même d’y passer deux nuits.














Samedi 15 août 2026
Alors qu’on souhaitait repartir vers le nord ce matin, [l’hôte / la météo / l’envie] nous convainc de ralentir et de prendre la journée pour monter dans le parc national de Jostedalsbreen. On laisse donc la tente montée et, une heure plus tard, après avoir suivi une route étroite, on entre dans le parc. La route devient une piste et bientôt on est seuls au monde. Le chemin se termine au bord d’un lac dans lequel se jette un glacier. Il n’y a absolument personne.
On quitte les lieux en début d’après-midi pour faire une randonnée plus au sud du parc, qui nous amène au pied d’une langue glaciaire. C’est assez frustrant de devoir s’arrêter au lieu de chausser les crampons et de continuer…








Dimanche 16 août 2026
On quitte Solvorn par un petit ferry qui nous amène de l’autre côté du Sognefjord. De là, on part visiter Urnes, une autre église en bois debout. C’est toujours aussi impressionnant de voir que l’intérieur est bien plus petit que l’extérieur. Une sorte de TARDIS inversé. La route repart ensuite vers le nord. Pendant une heure, elle est extrêmement étroite, mais heureusement, on ne croise aucun camping-car. On ne croise personne d’ailleurs.

Alors que la route commence sa descente vers un nouveau fjord, on trouve un endroit calme pour planter la tente et se régaler une nouvelle fois avec deux paquets de Yum Yum.













Lundi 17 août 2026
Ce matin, la journée commence par la traversée de Lom : de quoi prendre un café chaud et admirer son église en bois debout. On commence à en avoir vu un bon nombre, alors on passe notre tour pour la visite intérieure cette fois. Déjà à Lom, on sent l’activité touristique bien plus intense que celle que l’on a pu voir sur les hauts plateaux ces derniers jours.
On reprend ensuite la route qui nous mène au Geirangerfjord, et là, on entre dans un autre monde : les bus se succèdent pour déverser des flots de touristes sur le belvédère offrant la vue “instagrammable” sur le fjord, occupé par un gigantesque paquebot de croisière. La descente vers le tout petit village envahi par les milliers de passagers du bateau est une vraie galère ; on cherche vite à fuir l’endroit. Au bout de trente minutes, il n’y a déjà plus personne. Incroyable…
On termine la journée en arrivant au col qui surplombe une route mythique plongeant en lacets vers Åndalsnes : Trollstigen. Ici, c’est le commerce du troll à fond, tout s’appelle “Troll-quelque-chose”. On descend au ralenti sur une route déserte, et pour cause : un épais nuage recouvre toute la zone et on n’y voit pas grand-chose. L’expérience est assez mystique.
La journée se termine peu de temps après dans un petit camping au bord du fjord.






Mardi 18 août 2026
Ce matin, le temps a tourné, et à peine réveillés, on voit les nuages s’éloigner. On décide de prendre un peu de temps pour retourner à Trollstigen et apprécier la vue dégagée de là-haut. Et ça ne rate pas : à peine le ciel se dévoile-t-il que des camping-cars et des bus arrivent en meute. Il est temps de redescendre et de faire un passage devant Trollveggen (je vous l’avais dit, ici les trolls…), la plus grande paroi verticale d’Europe. Ça fait un sacré big wall, mais je ne vois personne sur le rocher : ça ne doit pas forcément se grimper…
On repart ensuite plein ouest en direction de la mer. La route est longue, il nous faut prendre deux ferries. Le paysage change complètement : les montagnes laissent place à des myriades de petites îles. Nombre d’entre elles abritent une maison ou une cabane et ne sont accessibles que par bateau. La route continue le long de l’Atlantique, passe par de nombreux ponts pour sauter d’île en île.














Mercredi 19 août 2026
Une nouvelle journée urbaine à Trondheim, le point le plus au nord de notre voyage. C’est la dernière vraie grande ville avant l’Arctique, l’occasion de faire quelques musées et de visiter la fameuse cathédrale ainsi que ses vieilles rues. Bon, Trondheim c’est sympa, mais on en fait vite le tour quand même. Après avoir profité des restos, on reprend la route, direction plein sud.
On quitte vite la E6 pour aller de nouveau se perdre sur les petites routes du Jotunheimen. Quitte à descendre, autant prendre son temps. Des glaciers, des rivières, des petites maisons en bois aux toits végétalisés, et surtout personne sur ces routes. On se trouve un endroit le long d’une petite route paumée pour bivouaquer une dernière fois.






Jeudi 20 août 2026
Dernière journée de route. Le temps s’améliore, le soleil a définitivement chassé les nuages et la température monte, mais les paysages sont toujours aussi incroyables. On n’a toujours pas rejoint la E6 : on roule donc sans croiser grand monde, en prenant le temps de se balader lorsque l’endroit nous fait envie. Les plateaux laissent place aux prairies et la forêt reprend ses droits. On profite d’une dernière halte pour visiter l’un des nombreux folkemuseums que l’on voit partout : les Norvégiens semblent passionnés par la reconstitution de villages des siècles passés en restaurant et déplaçant de vieilles maisons.
Le soir, on finit par trouver un camping (histoire de prendre une douche avant de rentrer à Oslo) au bord d’un lac, l’occasion de profiter d’un dernier coucher de soleil en pleine nature.














Vendredi 21 août 2026
On dépose la voiture de location à la gare d’Oslo après deux heures de route. Au final, on aura fait 2 500 km. Ça semble peu, mais sur ces petites routes, avec les nombreux ferries et les innombrables raisons de s’arrêter, ça fait une belle traversée.
On a trouvé un Airbnb dans le centre, on dépose donc nos bagages avant de partir à la recherche de restaurants et de bars. Oslo c’est petit et c’est mignon : tout est rassemblé près du port, il y a même une plage. On se balade l’après-midi et le soir on trouve un coin sympa avec des bars pour y finir la soirée.



Samedi 22 août 2026
Aujourd’hui c’est musée ! Forcément, la journée commence par l’incroyable musée du Fram et du Gjøa où l’on peut voir les deux célèbres navires de l’exploration polaire du siècle dernier, dans lequel on passe toute la matinée. S’en suivent ensuite le musée de la marine et celui des bateaux bizarres à côté (le Kon-Tiki). Le musée des bateaux vikings est quant à lui fermé pour rénovation. Bon, ben va falloir revenir !
Des boutiques, des souvenirs, des restos, des bars, et nous voilà prêts à partir pour demain matin… sauf que les contrôleurs aériens norvégiens font grève et que l’on ne pourra pas décoller avant lundi soir. Ça va devenir une habitude chaque été, ça !



